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8 conseils de Stephen King pour les traducteurs qui souhaitent améliorer leur style

par Maéva
Stephen King et les traducteurs

Si vous êtes traducteur (c’est sans doute le cas si vous lisez ce blog) depuis quelques années (ou même peut-être moins), et que vous traduisez souvent dans les mêmes domaines, vous vous demandez certainement comment faire pour améliorer votre style, votre qualité en général afin de produire du meilleur contenu.

C’est une question que je me pose souvent, moi aussi.

À force de traduire (j’allais dire « bêtement »), j’en perds parfois mon latin. Mon cerveau me bombarde d’anglicismes en loosdé car ça va beaucoup plus vite. J’ai des mots en français que je n’arrive pas à retrouver dans ma tête, alors que les équivalents anglais fusent tels des minions lâchés sur un trampoline.

Pour éviter le drame, je lis énormément en français dans le texte. Mais je suis consciente que ce n’est pas suffisant pour m’améliorer. Donc je cherche des avis extérieurs, comme celui de mon auteur préféré, Stephen King.

Cet été, quelques heures avant un dîner végan entre amis (oui, vous avez bien lu), j’ai dévoré l’autobiographie de Stephen King dans mon hamac. Et j’y ai pioché des conseils fantastiques pour vous aider à améliorer votre style d’écriture, qualité incontournable du métier.

1. Pour mieux écrire, lisez tous les jours, écrivez tous les jours

Stephen King emporte un livre partout où il se déplace.

Il écoute des livres audio en voiture.

Il bouquine dès qu’il a un instant de libre, aussi court soit-il : file d’attente au péage (!), attente dans le cabinet du médecin, hall d’embarquement d’aéroport, laverie automatique (je doute que Stephen King himself aille au lavomatic laver ses caleçons, mais bon…).

Selon lui (et je le rejoins), vous devez écrire et lire tous les jours. Au moins 1 000 mots par jour, quatre à six heures par jour de lecture et d’écriture.

Plus vous lisez, plus vous serez à l’aise à l’écrit. Plus écrire deviendra un acte automatique pour vous. Et plus vous serez rapide.

2. On ne travaille jamais aussi bien que chez soi

Bibliothèques, cafés, parcs, espaces de coworking… ces lieux sont cool sur le papier, mais la réalité est bien différente.

Selon le maître de l’étrange, rien ne vaut une pièce fermée dédiée à votre sanctuaire qu’est l’écriture (et la traduction pour nous).

On se demande souvent dans quelle pièce il faut s’installer pour traduire et écrire du mieux qu’on peut. L’idéal ? Consacrer une pièce fermée avec la porte rabattue. C’est un moyen de dire au monde que votre affaire est sérieuse. Non, vous n’êtes pas disponible pour faire une virée chez IKEA. Non, vous n’êtes pas disponible pour réparer le pneu de votre tante (c’est du vécu, sous la pluie en plus). Vous êtes au travail, dans votre bureau. Et personne ne peut y entrer à part cas de force majeure.

3. Enrichissez votre vocabulaire

Investissez dans un petit carnet que vous emmenez partout avec vous. Et chaque fois que vous entendez ou lisez un mot nouveau, consignez-le à l’intérieur.

De plus, j’utilise le Dictionnaire des Synonymes CRISCO.

J’apprécie énormément de travailler avec un dictionnaire des cooccurrences. C’est un outil efficace pour trouver des mots qui vont ensemble. Par exemple, on évite de dire « conseiller fortement », qui est un calque, on privilégiera « conseiller vivement ». Celui de Termium fait bien le job.

Enfin, je me sers souvent d’Antidote, qui a le luxe de combiner les deux outils en une même interface.

4. Fuyez la voix passive

C’est le choix des traducteurs timides. Ceux qui préfèrent la sécurité à l’audace.

Quand un texte est écrit à la voix passive dans la source, n’hésitez pas à transformer le texte à la voix active. Pourquoi la voix passive est-elle boudée ? Parce qu’elle restitue un texte faiblard, alambiqué, tortueux. Alors que la voix active, c’est le choix des traducteurs qui vont droit au but. Un message, un texte. Basta.

Soyez le Boli des traducteurs

5. Évitez le recours aux adverbes

Ce sont des mots qui modifient les verbes. Ils se terminent par -ment (-ly en anglais). C’est le choix que l’on fait quand on n’est pas sûr de soi, qu’on espère mieux se faire comprendre à l’écrit. Quand on manque de clarté.

Exemple : Il ferma brusquement la porte.

C’est mieux d’écrire « il claqua la porte ». Ou bien, d’écrire simplement « Il ferma la porte ». Car souvent, le contexte indique la manière dont l’action a été faite. Si Pierre-Paul a poussé sa gueulante à Jeannie, sa fiancée, car il a découvert un homme sous son lit, on devine qu’il n’a pas été très doux avec la porte quand il est reparti. Pas besoin d’indiquer qu’il l’a fait « brusquement ». Le lecteur fait des rapprochements. Il n’est pas neuneu. Faites-lui confiance.

Chaque action est associée à un verbe précis. N’hésitez pas à faire un tour du côté des dictionnaires des synonymes lorsque vous butez ou que vous sentez que votre texte manque de précision.

6. La locution « dit-il » n’est pas le diable

En cours de traduction, nos profs nous ont souvent rabâché qu’on ne devait pas écrire certains mots comme « dire », « faire », « choses », « bien », « beau » etc. Selon les profs, ces mots sont plats.

Ils vont sans doute hurler, mais ils se trompent. Ces mots ont un réel intérêt : ils disent la vérité. Et ils traduisent un discours vrai, que les gens bêtes comme moi utilisent dans la VRAIE vie.

Donc faites comme moi, faites comme King. Écrivez comme on parle. Votre texte doit transpirer de vérité. Sinon, on n’y croira pas. Et c’est là qu’on sentira que le texte est une traduction et non un texte original.

7. De l’art d’organiser les paragraphes

Dans un texte bien écrit, le traducteur maîtrise l’art d’organiser son discours.

Il utilise les paragraphes avec brio. Ces derniers se composent idéalement d’une phrase présentant le sujet, puis de phrases supplémentaires qui expliquent ou mettent au clair cette idée.

Chaque paragraphe devrait commencer par une nouvelle idée.

Pour bien écrire, vous devez réussir à hiérarchiser vos pensées, car l’écrit, selon King, c’est de la « pensée filtrée ». Parfois, le texte source n’est pas de grande qualité. N’hésitez pas à le retravailler, quitte à vous éloigner de la structure d’origine, si celle-ci n’est pas pertinente.

Vous pouvez écrire de longs paragraphes, comme des courts.

Des très courts.

Oui.

Aussi courts que possible.

Surtout si vous écrivez pour le Web. Le lecteur va s’ennuyer si vous le bombardez de paragraphes de dix lignes chacun. Mais ça, je crois que vous êtes au courant.

8. Faites aussi concis que possible

Quelle est la différence entre le bon et le mauvais traducteur ?

Bah, le mauvais traducteur, c’est le gars qui traduit, qui relit et puis qui livre.

Alors que le bon traducteur, c’est le gars qui traduit, qui relit, et puis qui… livre. Mais c’est pas la même chose 🙂

Plus sérieusement, quand vous relisez votre premier jet, vous devez garder en tête qu’il va falloir que vous épuriez votre texte. Selon King, la formule gagnante est la suivante : original – 10 % = 2e version.

Et pensez à faire reposer la première version autant que possible, avant d’entamer la dernière relecture. Perso, j’apprécie relire ma traduction le lendemain matin, en commençant ma journée, car j’ai les idées claires et c’est à ce moment précis que j’arrive à percevoir les éventuelles coquilles ou maladresses de style.

À vous de jouer maintenant

Je crois que nous sommes arrivés à la fin de cet article.

Avec ou sans diplôme, quand on est traducteurs, on espère une seule chose : s’améliorer au fil des années. Et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce travail. Nous avons la possibilité d’être meilleurs, à condition de s’en donner les moyens (et surtout le temps).

Vous avez pu recevoir les conseils originaux de Stephen King. Sans doute que vous aussi vous lisez parfois des livres qui vous offrent des conseils pour enrichir style et vocabulaire. Avez-vous d’autres suggestions à partager avec les collègues ? Produire une meilleure qualité est synonyme d’obtenir une meilleure rémunération, alors ce serait super sympa si vous faisiez tourner vos astuces et expériences.

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1 commentaire

Irène 3 décembre 2019 - 7:08

Merci de partager ces informations très instructives, j’aime beaucoup votre blog.

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