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Traducteurs : La vérité sur comment arrêter de vous ennuyer

par Maéva
Traducteurs tout quitter

Vous avez parfois envie de tout abandonner ?

D’un côté, il y a les traducteurs seniors. Ceux qui traduisent toute la journée depuis plusieurs années et qui ont du mal à trouver du temps pour diversifier leurs projets.

De l’autre, les traducteurs en herbe. Eux sont spécialistes des vents à répétition. Ils croient même à l’existence du « bug de la boîte mail du traducteur novice ». Pour être franche, avant de dégoter mes premiers contrats, j’en avais aussi assez.

Le point commun entre ces deux tribus ? La lassitude. Celle qui vous gagne et qui vous donne envie de tout plaquer. Parce qu’il y a des journées avec et des journées sans. Et dans le second cas, la personne qui partage votre vie sait mettre les voiles.

Dans cet article, vous allez immédiatement apprendre à aimer la routine et la monotonie qui caractérisent votre travail. Vous cesserez de croire que l’herbe est plus verte ailleurs, car vous allez redécouvrir comment aimer votre métier.

Un rêve qui se réalise, mais un mal-être sournois

Pour commencer, une petite anecdote personnelle. Au début de l’année, j’ai accompli un de mes rêves, celui de construire une maison. Oui, je n’ai aucune personnalité.

Vous allez me couper : « Mais cela n’a rien à voir avec la traduction. » Attendez un peu, bande d’impatients ! Vous allez comprendre très rapidement où je veux en venir. Poursuivez la lecture.

Reprenons. Trois années. Trois années à attendre avant de vivre ce moment. Je ne passais pas une seule seconde, une seule minute, une seule heure, ni une seule journée à imaginer cette maison. Elle n’était pas encore sortie de terre que je la connaissais par cœur. Alors, au moment d’emménager, j’étais comme le Président élu qui fait son entrée au Palais de l’Élysée.

Quelques semaines plus tard, le coup fatal. Sournoisement, j’ai commencé à ressentir un certain mal-être. Vous savez, cette sensation étrange qui vous prend quand vous vous installez à la hâte dans un cinéma déjà bondé, parce que vous avez fait le malin et êtes parti de chez vous à la dernière minute.  Cette foule autour de vous. Cet enfermement. Cette impossibilité de sortir avant deux heures. Cette sale angoisse vous prend aux tripes, et vous savez qu’elle se dissipera seulement au bout de quelques minutes, quand vous serez plongé dans le film. Vous situez ? Eh bien ! C’est exactement cette torture que je subissais au quotidien à cette période-là.

Sur le papier, j’avais tout pour être heureuse, mais j’avais envie de tout arrêter.

Arrêter la traduction, découvrir de nouvelles perspectives et de nouveaux horizons.

Paysagiste. Barista. Pizzaiola. Chauffeuse de TGV. N’importe quoi.

Je voulais juste changer d’air.

Puis, un beau jour, il m’est arrivé quelque chose d’étrange.

Après quelques heures à procrastiner sur YouTube, mon sport favori, je tombe nez à nez avec une vidéo YouTube sur la multipotentialité. Ma curiosité est piquée.

Emilie Wapnick

Dans cette vidéo, une conférence Ted-Ex, Emilie Wapnick déroule son speech. Son histoire aurait pu être la vôtre ou la mienne. La jeune trentenaire se définit comme étant multipotentielle. Autrement dit, une personne douée dans plusieurs domaines différents au lieu d’un seul. Par exemple, une personne multipotentielle ne peut pas être championne de karaté. Par contre, elle peut être très forte en judo, en équitation et en natation.

Vous commencez à faire le rapprochement avec la traduction ?

Quand je vous dis qu’il faut me croire.

Chi va piano, va sano…

Traduction et multipotentialité : un mariage parfait

Les multipotentiels sont donc des personnes qui ne supportent pas de faire tout le temps la même chose. Ils ont besoin de changer, de varier les projets, d’endosser plusieurs casquettes. Dans une société qui prône la spécialisation, les multipotentiels font bande à part : ils sont plutôt des généralistes. Ils savent occuper plusieurs fonctions, mais n’ont jamais réussi à exceller dans un seul domaine, comme un pianiste professionnel ou un judoka champion du monde.

Vous êtes traducteur et peut-être que vous avez toujours eu du mal à vous cantonner à un seul domaine.

Ou bien, vous hésitez toujours entre plusieurs langues de travail.

Pire encore, vous n’arrivez jamais à choisir quels types de clients contacter ? Ni par où commencer ? Car vous voulez tout faire, et vous n’arrivez pas à sélectionner.

Si vous répondez oui à tous ces critères, alors vous avez peut-être la fibre multipotentielle. Dans ce cas, vous allez réussir à faire avec, et mieux accepter la monotonie.

Essayez d’aimer ce que vous faites, plutôt que de chercher à faire ce que vous aimez

Dans votre entourage, vous connaissez certainement un ami ou un collègue qui a fait un burn-out autour de ses 30 ans.

Parce qu’il n’est pas facile d’être Millenial. Nous avons été habitués à avoir tout ce qu’on voulait tout le temps, tout de suite, et quand quelque chose n’est pas parfait dans notre travail, on veut poser sa démission.

En traduction, c’est un peu la même chose. Parfois, les journées sont longues, très longues. Surtout quand vous traduisez la même chose, pour le même compte, pendant des semaines et des semaines, et qu’il n’y a pas de quoi se lever la nuit avec ce contenu.

Parce que c’est sûr, traduire des manuels d’utilisateur de sèche-cheveux, c’est comme monter tout en haut de la Tour Eiffel… en ascenseur.

Alors, au lieu de râler dans votre coin, ou de barber votre conjoint, si vous changiez d’état d’esprit sur votre travail  ?

Essayez d’aimer ce que vous faites, plutôt que de chercher constamment à faire quelque chose que vous aimez.

Dans votre travail, trouvez des moyens pour rendre la chose plus agréable.

Par exemple, quand vous traduisez, axez votre travail sur la qualité.

Trouvez de belles tournures de phrases.

Jonglez avec les allitérations, dynamisez votre ponctuation. Trouvez des jeux de mots.

Même si vous traduisez le plus plat des manuels d’instructions sur le montage d’un porte-papier toilettes (c’est du vécu), apprenez à aimer le travail bien fait.

Vous verrez, petit à petit, vous apprécierez les tâches les plus ingrates.

Adoptez la même approche lorsque vous échangez avec les clients. Racontez votre vie en une phrase ou deux au moment de livrer votre projet. Livrez une anecdote croustillante sur votre métier. Faites rêver votre interlocuteur et entraînez-vous à écrire. La créativité est l’ennemi juré de l’ennui.

2e solution contre la grisaille intellectuelle : diversifier les tâches (avec infographie en bonus)

Vous êtes traducteur, alors forcément vous aimez les langues.

Forcément, vous aimez écrire.

Forcément vous aimez lire, vous instruire, découvrir, rêver, entreprendre, aimer, rigoler.

Vous n’êtes pas devenu traducteur par hasard. Sur les bancs de l’école, vous étiez doué dans plusieurs disciplines : français, langues étrangères, économie, histoire… Et quand il a fallu choisir une formation, vous avez hésité. Longtemps. Alors, vous êtes allé en fac de langues. Et vous avez suivi le cours des événements.

J’ai souvent entendu dire que les traducteurs comme vous et moi avaient beaucoup d’imagination.

Vous êtes curieux de nature. C’est obligé.

Alors si vous traduisez toujours la même chose, forcément vous allez vous ennuyer.

La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas en devenant opticien ou crêpier que votre quotidien sera meilleur. Pour tuer l’ennui, vous allez devoir diversifier vos tâches.

Le métier de traducteur convient très bien aux multipotentiels. Sur le papier, le traducteur traduit des textes différents tous les jours, découvre des univers passionnants et variés, jongle entre plusieurs tâches : traduction, révision, copywriting, post-édition, etc.

Sur le papier d’accord, mais la réalité est souvent différente.

Quand on est traducteur, on traduit souvent les mêmes contenus, car on se spécialise dans un thème particulier, ou pour un « compte » spécifique. Beaucoup d’agences ne veulent pas changer de traducteurs pour leurs comptes, elles préfèrent que le travail soit bien fait, et ça se comprend, si le traducteur maîtrise bien le sujet. Mais elles n’ont pas conscience que derrière les échanges de mails, il y a des êtres humains sensibles.

Nous aussi nous avons soif d’épanouissement.

Alors, quand l’ennui s’installe, et que votre motivation fond comme neige au soleil, que faire si ce n’est attendre la fin qui est proche ?

Je n’ose pas trop le dire, mais parfois, les journées me semblent longues. Quand je relis un texte de 15 000 mots sur les logiciels dans le cloud, je suis résignée. Bien sûr que tout travail a un côté ennuyeux, sinon on ne serait pas payé.

Alors, en apprenant que j’étais multipotentielle, j’ai vu mon travail sous un angle différent. Je comprenais la lassitude des derniers mois. Je traduisais souvent la même chose, du contenu technique, et toujours le même service (révision). En fait, j’avais juste besoin de diversifier mon travail, ou bien mes activités en parallèle de la traduction.

Pour traduire et diversifier votre travail au maximum, vous avez plusieurs pistes, que je résume dans cette infographie.

Multipotentialité et traduction

Avant de conclure

Comme vous l’avez vu, le métier de traducteur est parfois barbant. C’est normal, c’est un métier comme un autre, avec ses bons et ses mauvais côtés.

Pour vaincre la monotonie, vous devez voir votre travail sous un nouvel angle : accepter le paradigme et trouver des techniques pour rendre la tâche plus satisfaisante et plus créative. En outre, en tant que traducteur, vous avez certainement un côté multipotentiel, et c’est en acceptant le fait que vous n’êtes pas forcément un ayatollah de la spécialisation, que vous allez vous épanouir davantage dans votre quotidien, en faisant attention à diversifier votre travail au maximum.

Au risque de vous faire sauter au plafond, parfois quand je reçois une commande qui s’étend sur plusieurs mois, j’ai les poils qui se hérissent. Est-ce que je ne vais pas trop m’ennuyer à traduire le même contenu sur une si longue période ? J’aimerais bien connaître votre avis sur cette question.

Vous préférez les projets à court terme, ceux que vous bouclez en une journée, ou bien les grosses missions de plusieurs milliers de mots ? Prenez votre courage à deux mains et venez écrire votre avis ici ! C’est un premier pas vers un travail plus créatif, comme je viens de vous expliquer 🙂

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